Ma grand mère disait...
Allez savoir pourquoi ces expressions entendues au cours de mon enfance resurgissent cinquante ans plus tard...
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Certaines d'entre elles sont empreintes d'une grande sagesse, du style : "C'est toujours le plus intelligent qui cède". C'est ce que l'on entendait lorsque nous rentrions mécontents de ne pas avoir obtenu gain de cause.

Elle avait aussi la dent dure quant aux médicaments prescrits :"ça m'fait l'effet d'un cautère sur une jambe de bois"

Nos copains étaient vite catalogués : l'un était "feignant comme une couleuvre", l'autre "pas gras à lécher les murs" ou encore "sacs d'os". Pas habillé à son goût, c'était être "fagoté comme l'as de pique".

Lorsqu'elle commençait à ne plus nous supporter, nous avions droit à un : "Vous commencez à me courir sur le haricot" et une retraite prudente s'imposait... En revanche, lorsqu'on ne démarrait pas assez vite pour faire quelque chose, c'était : "Reste pas les deux pieds dans le même sabot !". Lorsqu'on ne comprenait pas du premier coup, nous étions "bouchés à l'émeri" (expression qu'elle utilisait volontiers aussi en cas de constipation). "Tu t'y prends comme pour tuer ton père" nous disait-elle quand on était un peu gauche.

Pour un objet de peu de valeur, il valait "peau d'balle".

Elle n'était pas tendre non plus à l'égard des commères avec qui elle passait trop de temps à notre avis à jacasser, n'hésitant pas par la suite à trouver qu'une telle avait : "une sacrée gueule d'empeigne".

Mais c'étaient les moments des repas les plus riches : "Mange donc, tu n'sais pas qui te mangera...". Quelquefois, sa cuisine n'était pas spécialement à notre goût... "Si t'aimes pas ça, n'en dégoûte pas les autres !" et bien sûr, dans ces cas-là, on en avait toujours trop dans l'assiette et rituellement, elle nous disait : "Mange d'abord c'que t'as de trop, on verra le reste après !". Maintenant, si ça ne nous plaisait pas, on pouvait toujours "aller manger avec les chevaux de bois". Manger trop rapidement, c'était "manger avec un lance-pierre".

Lorsque nous lui parlions de nos projets, elle nous répondait : "Oui, si les p'tits cochons t'mangent pas avant".

Le soir, elle nous envoyait au lit "mettre la viande dans l'torchon".

Nos maîtres d'école disaient souvent qu'ils avaient un oeil dans le dos pour nous faire rester tranquilles, ma grand mère "avait bien un oeil dans le dos mais il avait pas de lentille."

Il lui arrivait de faire des rimes, mais était-ce bien de la poésie ?
"
Chie dur ou mou
Mais chie dans le trou."